Visite du musée lapidaire |
LE BAPTÊME
DES RIEZOIS AU TEMPS DU BAPTISTÈRE (La date de construction de cet édifice n'est pas connue avec précision. Elle est estimée entre les année 439 et 650.) "Il les plongeoit trois fois dans l'eau et à mesure qu'ils sortoient des Fonts, le Prêtre leur faisoit l'onction du Chrême sur la tête". ![]() Ravenne, Le baptistère des Ariens. D'après le SACRAMENTAIRE de SAINT GELASE, élu pape en 492. Les usages. - En occident, les célébrations se déroulait autrefois dans un groupe d'au moins deux sanctuaires, proches mais séparés, dont l'un était réservé au baptême (les églises Saint Jean). En effet les catéchumènes, jusqu'à leur baptême c'est à dire jusqu'à l'âge adulte, ne pouvaient accéder à l'église ni assister à la messe. L'église paroissiale (Ici à Riez, la Cathédrale) destinée à la célébration du culte public, était donc doublée du baptistère. Autrefois reliés vraisemblablement par une galerie ils sont maintenant séparés par la route de Marseille. Comportant un espace de circulation pour les fidèles, l'édifice était aménagé pour célébrer des baptêmes collectifs qui se faisaient alors par immersion. Ainsi qu'on peut le voir à Riez, une piscine en occupe le centre, assez grande pour recevoir un ou plusieurs adultes. Cela se faisait à l'occasion des principales fêtes de l'année liturgique. La dévotion de Pâques était une occasion privilégiée. Saint Gélase fut élu pape à la fin du V siècle, donc à une époque peu éloignée de la construction du monument. Le "Sacramentaire gélasien" est un texte qui prescrit le déroulement des cérémonies baptismales. La conception architecturale de l'édifice rièzois et sa position par rapport à la Cathédrale sont en conformité avec ce document. Sa lecture nous donne donc une idée de l'animation religieuse qui entourait, à certains moments, le groupe épiscopal. Note: le baptême ne constituait pas une obligation pour se réclamer du christianisme. Certains évêques, et non des moindres, se firent baptiser in extremis juste avant leur nomination à l'épiscopat. Sacramentarium Gelasianum. Frontispice et Incipit. France. Milieu du VIIIe siècle. Vatican. Bibliothèque Apostolique. Reg. Lat. 316. Folios 131v/132 (....) Le troisième Dimanche de Carême on commençait à parler de l'examen des Catéchumènes choisis pour être baptisés à Pâques. On priait dans le Canon et pour eux et pour leurs Parrains et Marraines. Puis l'Evêque interrompait une première fois la lecture du texte sacré, et l'on récitait les noms des hommes et des femmes qui devaient servir de parrains et de marraines. L'Evêque continuait la lecture, puis l'interrompait une seconde fois, pour réciter les noms de ceux qui étaient admis au Baptême. (Mais pas encore admis au culte.) Canon = Texte consignant une décision de l'autorité religieuse et fixant la règle de la foi et de la discipline religieuse. Partie centrale et strictement réglée de la messe contenant notamment les paroles de la Consécration. Cela était renouvelé les quatrième et cinquième Dimanches de Carême. Le Lundi tous les Catéchumènes, étant venus à l'Eglise avant midi, un Acolyte écrivait leurs noms, puis les appelait l'un après l'autre. On les rangeait, les garçons à droite et les filles à gauche et on faisait sur eux les prières et les exorcismes qui étaient différents pour les garçons et pour les filles. Acolyte = Les petits ordres, au nombre de quatre, conféraient tous à la fois ; on devenait successivement : 1 portier, celui qui tient les clefs et qui sonne la cloche ; 2 lecteur, celui qui tient et lit le livre sacré ; 3 exorciste, celui qui a déjà le pouvoir de chasser les démons ; (...) ; 4 acolyte, celui qui sert et accompagne l'évêque, et qui porte ses lettres. Les quatre évangiles - Après cela on leur expliquait les Evangiles, ce qu'on appelait leur ouvrir les oreilles. Quatre Diacres sortaient de la Sacristie, portant chacun un des quatre Evangiles, précédés de deux chandeliers avec des encensoirs. Ils posaient ces Livres sur les quatre coins de l'Autel : et avant que les Diacres commençassent à lire, un Prêtre instruisait les Catéchumènes, leur apprenant ce que signifie le mot d'Evangile ; qui sont les Evangélistes ; pourquoi il y en a quatre et pourquoi on leur a appliqué les figures des quatre animaux mystérieux. Cette explication finie, l'un des quatre Diacres lisait le commencement de I'Evangile selon Saint Matthieu, jusqu'à ces paroles : "C'est lui qui sauvera son peuple et qui le délivrera de ses péchés." Un Prêtre expliquait ce qu'on avait lu ; ensuite un autre Diacre lisait le commencement de l'Evangile selon, Saint Marc, jusqu'à ces paroles : "Je Vous baptise dans l'eau ; mais il vous baptisera dans le Saint Esprit." Le Prêtre expliquait en peu de mots cette partie, de l'Evangile. Après quoi un troisième Diacre lisait le Commencement de l'Evangile selon Saint Luc, jusqu'à ce verset : "Il vient préparer au Seigneur un peuple parfait." Le Prêtre en donnait l'explication ; puis le quatrième Diacre lisait le commencement de l'Evangile selon Saint Jean, jusqu'à cet endroit, "plein de grâce et de vérité" que le Prêtre expliquait encore. Le symbole - (Ensemble de formules résumant la foi chrétienne connue par ces premiers mots : Je crois en Dieu, père tout-puissant...) Un autre jour de la semaine le Prêtre expliquait aux Catéchumènes le Symbole, dont il leur donnait d'abord une connaissance générale. Ensuite un Acolyte prenait sur son bras gauche un des garçons admis au Baptême, lui mettant la main droite sur la tête. Les langues (l'universalité de l'Eglise). Le Prêtre demandait à cet Acolyte : En quelle langue confesse-t-il Jésus-Christ. ? L'Acolyte répondait : En grec. Le Prêtre reprenant la parole disait à l'Acolyte : Annoncez leur foi en la manière qu'ils la conçoivent. Alors l`Acolyte prononçait le Symbole de Nicée (Credo) en Grec et en chantant. (...) Pendant que l'Acolyte chantait ce Symbole, il tenait toujours sa main sur la tête de l'enfant. Le Prêtre demandait une seconde fois : En quelle langue confesse-t-il notre Seigneur Jésus-Christ? L'Acolyte répondait : En latin : et par ordre du Prêtre, il récitait le même credo en latin et en chantant, mettant sa main sur la tête de l'enfant (Le même rituel devait se répéter dans la langue locale, ici un gallo- romain ancêtre du provençal). XXIV. Le Samedi-Saint le matin, les Catéchumènes admis au Baptême venaient réciter le Symbole qu'on leur avait appris. L'Evêque ou le Prêtre faisait ensuite sur eux le dernier exorcisme, en mettant sa main sur leur tête. Puis il leur touchait de sa salive, le nez et les oreilles en disant, Ephpheta, c'est-à-dire, ouvrez-vous en odeur de suavité. Après cela il leur faisait sur la poitrine et entre les deux épaules l'onction de l'huile des Catéchumènes ; et les appelant chacun par leur nom, il leur faisait faire les renonciations, et disait sur eux le Symbole mettant sa main sur leur tête. Apres les avoir fait prier les genoux en terre, l'Archidiacre les renvoyait jusqu'à l'heure du Baptême. Au milieu de la huitième heure, c'est-à-dire, à une heure et demi, les prêtres allaient à I'Eglise habillés selon la coutume. Cependant le Clergé commençait une Litanie : l'Evêque sortait de la Sacristie, et venait avec les prêtres devant l'Autel, où ils restaient debout la tête baissée jusqu'à ces paroles de la litanie : "Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde". Tandis que l'Evêque se retirait sur son siège derrière l'Autel, I'Archidiacre qui était resté devant l'Autel, prenait de la lumière que l'on avait cachée la Veille, puis faisant une croix sur le cierge pascal et l'allumant, il faisait la bénédiction. Cette cérémonie finie, I'Evêque se levant, de sa place, disait les prières de la veille de Pâque. L'immersion - Ensuite seulement on allait à la cuve baptismale en disant une Litanie. L'Evêque bénissait les Elus l'un après l'autre chacun en son rang, après les avoir interrogés sur leur croyance. Il les plongeait trois fois dans l'eau : et à mesure qu'ils sortaient des Fonts baptismaux, le Prêtre leur faisait l'onction du Chrême sur la tête. Ensuite avait lieu la Confirmation qui se faisait ainsi : l'Evêque imposait d'abord les mains, et en demandant pour eux les sept dons du Saint-Esprit, puis en leur faisant l'onction au front. Tous les Ministres retournaient à la basilique et après un petit intervalle on commençait la troisième Litanie qui se répétait trois fois (selon le nombre des Personnes de la Trinité). On commençait la Messe aussitôt que l'on voyait paraître une étoile dans le ciel. |
sens de la visite===>> |
accueil musée |
Retour à l'Index |
Site créé le 02 août-1997. - Dr J. Morenon, 8 rue des tanneurs, F-04500 RIEZ |