Sur le concept de
métonymie. Le tabou de l'inceste est la contradiction interne du concept de métonymie Remarque sur le concept de métonymie: le recours de Lucien Sebag au concept de métonymie appelle une remarque sur une contradiction interne particulière à ce concept et qui concerne directement le tabou de l'inceste. Cette "découverte" freudienne a fort interpellé les ethnologues, structuralistes en particulier. Le point important nous paraît être ceci: "le mythe... utilise des unités déjà pourvues d'un sens" (3, p. 4851. Nous l'avons vu, "il n'y a pas d'autre appropriation du monde que celle qui passe par la médiation des signes". Certes, mais la relation de l'enfant à la mère est d'abord pré linguistique, nous dirons préonymique (onoma = nom). La mère, grande dispensatrice, satisfait les actes corporels de l'enfant et perçoit ses gestes intentionnels, ses impatiences, comme des indices dépourvus de l'intention de transmettre un message. Dans un temps ultérieur, l'enfant apprendra, par exemple, qu'en tendant la main vers le biberon, il fait venir la mère. Cet usage détourné d'un acte corporel est l'amorce d'un signe: cet analogon de comportement est porteur d'un message (5) et, dès cet instant, l'enfant cesse d'être "patient" pour devenir "agent". Le début enfantin du langage sera ensuite prélevé de façon de plus en plus imitative jusqu'au plein usage de la parole, du nom, de l'onoma. Il est clair que, dans la relation fusionnelle initiale, mère et enfant font partie d'un même ensemble: cette contiguïté est pré-onymique. Dans un deuxième temps, l'introduction de la parole sur l'objet même du désir et du besoin introduit nécessairement une rupture puisque la parole est métaphore. Le signe linguistique est imitatif, contradictoire et antagoniste de la contiguïté pré-onymique initiale et appliqué sur ce lieu même. Cette coupure se résout dans une contiguïté retrouvée par le moyen du langage. C'est, au sens strict, une contiguïté mét-onymique qui fait suite à une contiguïté pré-onymique. Le mot est bien "le meurtre de la chose". Deux conclusions s'imposent: la première est d'ordre ontologique: c'est la constitution du tabou de l'inceste; la deuxième est d'ordre heuristique: la métonymie est une contiguïté retrouvée mais par le moyen du langage, donc par celui de la métaphore (code = similarité), au prix de cet abandon et de cette perte qu'est le tabou de l'inceste. Le concept de métonymie, qui inclut la métaphore, contient donc une contradiction interne qui est justement le tabou de l'inceste. La prise en compte de la métonymie comme telle, implique que l'on se trouve en deçà de ce tabou, en particulier dans l'étude du mythe, puisque celui-ci opère sur les unités déjà pourvues de sens. L'échec relatif du structuralisme sur le plan de l'adéquation au freudisme n'a semble-t-il pas d'autres causes que la méconnaissance de la contradiction interne du concept qu'elle utilise, puisque le clivage est interne à l'instrument d'analyse. retour comportement abstrait La faute de Nautsiti *** Uchtsiti, le père créateur, avait interdit aux jumelles de procréer avant longtemps. Elles auraient eu des enfants semblables à elles, donc en relation métaphorique. Enfantant avant le moment prescrit, Nautsiti a contracté le temps, rapproché ce qui est éloigné et substitué la métonymie à la métaphore (3, p. 73). Cette confusion des ordres est encore une faute. Elle aura donc des enfants différents d'elle. Faut-il préciser que les postulats logiques de l'enfant pré linguistique ne sont pas ceux de l'adulte linguistique? Lucien Sebag souligne aussi l'impossibilité qui est celle des humains de métaphoriser les mères. N'est-ce-pas le point focal de la "mère psychanalytique"? *** retour texte |
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